January 17, 2026

Bitcoin, une douce introduction et son importance pour l’Afrique

Bitcoin, une douce introduction et son importance pour l’Afrique

Bitcoin, une douce introduction et son importance pour l’Afrique

Bitcoin, une douce introduction et son importance pour l’Afrique

Bitcoin se démarque de façon décisive par le fait qu’il apporte une réponse définitive et élégante à un problème informatique qui, depuis sa formulation en 1982, n’avait pas encore trouvé de réponse satisfaisante. Il s’agit du problème des généraux Byzantins, un problème de théorie des jeux décrivant le dilemme de coordination, coopération et recherche de consensus entre plusieurs acteurs inconnus les uns des autres, et entre qui ne règne aucune confiance. En intégrant de manière ingénieuse plusieurs procédés informatiques et cryptographiques déjà existants, Satoshi Nakamoto donne ainsi naissance à la première « blockchain », la chaîne des blocs, une base de données pratiquement infalsifiable, dupliquée sur un grand nombre d’ordinateurs connectés en réseau, enregistrant au fur et à mesure toutes les transactions validées par les membres de ce réseau.

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité nous avons la preuve qu’il est possible de créer une monnaie qui échappe au contrôle exclusif d’une seule entité. Bitcoin permet de réaliser des opérations monétaires de manière décentralisée, c-à-d de pair-à-pair, sans intermédiaire et sans besoin de devoir faire confiance à son interlocuteur. Ainsi, un vendeur en ligne basé à Abidjan peut maintenant accepter un paiement direct venant de Douala, sans intermediaire bancaire, en quasi certitude de la validité de la transaction monétaire et des bitcoins inclus dans cette transaction. Aussi, le marchand peut être sûr que cette transaction ne sera pas annulée ultérieurement, par exemple après l’envoi de la marchandise.

Pour la génération Africaine actuelle qui n’a jamais connu rien d’autre qu’une monnaie coloniale, centralisée et complètement inapte à la réserve de la valeur, pour la génération Africaine actuelle ainsi condamnée à la servitude exclue de l’industrialisation et dégradée à de simples pourvoyeurs de matières premières, la proposition alternative que représente bitcoin devrait être sérieusement contemplée et considérée dans l’objectif d’élargir le débat actuel sur le bien fondé du Franc CFA (ou de son alter-égo, l’ECO). Contrairement aux « Tchundjanguistes », j’argumente que le problème du Franc CFA n’est plus celui de souveraineté financière, mais plutôt et plus que jamais, celui de la non-séparation entre État et Monnaie. Je réintroduis l’idée selon laquelle l’État devrait abandonner son monopole absolu sur l’émission de la monnaie, me positionnant ainsi en faveur de la création de plusieurs monnaies privées, comme seul moyen ultime pour briser la répression monétaire, politique et sociale et garantir les libertés individuelles. Au plus tard après l’annonce de Libra, la monnaie digitale que Facebook compte déployer en cette année 2020 à ses milliards d’utilisateurs, la preuve est établie que cette position ne relève plus de l’utopie. Le génie est sorti de la bouteille.

La téléphonie mobile a largement permis à l’Afrique de compenser son déficit dans le domaine des télécommunications. De la même façon que le téléphonie mobile a rendu obsolète la technologie analogue sur le continent, Bitcoin, en contournant le système bancaire, est la solution par excellence au problème ubiquiste de sous-bancarisation en Afrique et de son retard dans le domaine financier.

Au début honni par les élites financières et politiques, Bitcoin devient de plus en plus difficile à ignorer. Il a commencé à faire des émules dans ces cercles influents, où peu à peu on commence à cerner la puissance disruptive que cette technologie aura dans les différents aspects de la société et de la finance. Ainsi, la Chine s’est lancée dans la course et travaille activement sur sa crypto monnaie nationale. Les Européens se réveillent également avec le projet d’un « crypto-Euro ». L’objectif probable sera de remplacer la monnaie fiduciaire à long terme. Loin de tout triomphalisme, les puristes de Bitcoin voient ces avancées d’un mauvais oeil. Pour eux, il s’agit ici pour ces entités monopolistes et centralisées de perpétuer et consolider leur pouvoir au dépens des individus avec cette même technologie qui était sensée les refouler vers la désuétude. L’objectif étant de dévoyer les fondements non-négociables ancrés dans le protocole de Bitcoin, par exemple la résistance à la censure financière garantie par sa décentralisation et son impartialité.

Toute personne ayant récemment envoyé ou reçu un Western Union est consciente de la difficulté de s’affranchir de la surveillance monétaire exercée par les gouvernements, ou celle de protéger ses données personnelles de la fraude d’identité.

Bitcoin résout ce problème.

Avec Bitcoin, vous pouvez protéger votre intimité financière, une mesure importante contre des régimes dictatoriaux et ceux se retrouvant en difficulté fiscale, qui n’hésisteront devant rien pour confisquer les économies de leurs citoyens ou bien taxer les transferts d’argent venant de la diaspora.

L’abolition de la parité-or des monnaies fiduciaires depuis le début des années 1970 a donné le pouvoir à l’élite politique de créer la monnaie sans contrepartie de valeur et de maintenir l’illusion dangereuse de ressources quasi-illimitées. Ce pouvoir a été violemment abusé au fil des ans avec des conséquences civilisationnelles importantes: inflations et endettements massifs des États, financement des guerres interminables, abus des ressources minières etc.

Le Franc CFA, tout comme les autres monnaies inflationnistes, n’encourage pas au travail ou à l’épargne mais plutôt à la consommation futile et immédiate, au crédit risqué, avec pour conséquence une dépendance malsaine de l’individu vis-à-vis de l’État et, à travers le pacte colonial, à la puissance coloniale, la France. À quoi bon épargner pour l’éducation de ses enfants ou pour sa retraite, si cet argent, dû à l’inflation effrénée de la masse monétaire, aura perdu une partie substantielle de sa valeur le moment venu?

Source: https://www.in2013dollars.com/us/inflation/1930

Bitcoin résout ce problème.

Bitcoin est par définition une monnaie déflationiste, la masse monétaire maximale a été fixee dans le protocole à 21 millions d’unités, ce qui contribue à l’appréciation de sa valeur au fil du temps, posant ainsi les fondations d’un système monétaire sain et équitable.

Source: https://coinmarketcap.com/currencies/bitcoin/

Malgré l’enthousiasme que suscite Bitcoin, il est important de se rappeler que 11 ans après sa création, il demeure encore une technologie qui est en train de faire ses premiers pas. Son cours n’est très probablement pas exempt de toute manipulation par des acteurs majeurs (« baleines ») et il peut fluctuer énormément comme le témoigne le graphe ci-dessus. Même si les récentes hausses de sa valeur en 2013 et plus tard en 2017 ont réussi à lui attirer beaucoup d’attention, il reste encore un secteur très spécialisé et confiné dans les cercles « geeks » et libertariens. Son adoption massive prendra du temps et dépendra principalement de la capacité à améliorer son interface humaine et simplifier son utilisation.

Bitcoin peut toujours échouer pour une raison ou une autre, mais l’idée d’une monnaie décentralisée, résistante à la censure et hors de portée de l’État est déjà gravée dans notre conscience collective, à jamais, et pourra être reproduite n’importe quand dans le futur.

Published at Mon, 30 Dec 2019 02:45:55 +0000

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